Bio en Hauts-de-France

Agriculture biologique en Hauts-de-France

ABAC : retour d’expérience de semis d’un couvert dans le maïs

Dans le cadre du projet ABAC, Bio en Hauts-de-France est amené à enrichir les données et expériences régionales qui visent à concilier l’agriculture biologique et l’agriculture de conversation avec pour finalité d’enrichir la fertilité de nos sols.

En pleine période de semis de maïs, certains producteurs vous questionnez sur l’implantation d’un couvert dans la culture de maïs.

Des compromis à trouver

2 paramètres essentiels sont à considérer :

  1. Optimisation de la luminosité à la fois pour le maïs et pour le couvert
  2. Gestion de la concurrence hydrique et en nutriments entre le maïs et le couvert

Voici le retour de plusieurs conseillers Grandes Cultures du réseau FNAB :

L’implantation d’un couvert dans la culture de maïs est complexe. En effet :

  1. Soit le couvert est implanté trop tôt et celui-ci crée une forte concurrence pour le maïs (surtout avec les graminées, forte concurrence hydrique)
  2. Soit le couvert est implanté dans la culture (au dernier binage), le maïs réduira l’exposition à la lumière nécessaire à la plante compagne, limitant d’autant le développement du couvert

Les différents essais menés en France montrent que les couverts de trèfles sont les plus adaptés à l’implantation d’un couvert au dernier binage. Néanmoins la biomasse reste peu développée au moment de la récolte du maïs, ce qui ne répond pas aux attentes initiales.

Pour rentabiliser l’implantation du couvert, un des objectifs est sa capacité à fournir une biomasse suffisante après la récolte pour le fourrage ou le stockage puis restitution d’éléments nutritifs pour le sol et les cultures suivantes.

Les techniques d’implantation de maïs dans un couvert ou d’implantation d’un couvert dans le maïs est difficile à mettre en place.

Cependant quelques techniques innovantes se développent, c’est le cas notamment en Amérique du Nord (Source : article du 16 avril, de Opaline Lysiak : Du maïs en corridors solaires).

Sébastien Angers qui se trouve dans la démarche de l’agriculture biologique de conservation a mis en place un essai de corridors solaires. L’objectif est de semer des couverts dans l’inter-rang du maïs en limitant la concurrence. Il sème le maïs à 154 cm de large, le couvert est semé au centre de l’inter-rang. Celui-ci est généralement semé sur 60 cm de largeur, permettant ainsi de limiter la concurrence avec la culture et faciliter son fauchage. Le couvert est un mélange multi espèce, d’environ 7 plantes. (Tournesol, lin, radis, avoine, trèfle d’Alexandrie…) L’objectif est d’utiliser 50% de la surface de la parcelle pour enrichir le sol, grâce à l’implantation de couverts dans la culture.

La mise en place d’un couvert permet de choisir la biodiversité de la parcelle, le couvert gère les adventices. Sébastien Angers préconise de le détruire à floraison permettant ainsi, de bénéficier au maximum de son potentiel.

Cette technique permet de réduire les coûts de fertilisation et de travail du sol - certains l’utilisent en période de transition vers l’agriculture de conservation ou agriculture régénérative.

Si la baisse de rendement "terrain" moyenne la première année est de 20%, le rendement économique devient très intéressant après 3 à 5 ans et à l’échelle de la rotation compte-tenu des restitutions des éléments nutritifs et des gains de rendement obtenus.

Pour plus d’informations, retrouvez l’article sur :

https://agriculture-de-conservation.com/spip.php?page=tribune-article&id_article=3112

ABAC

Figure 1. Maïs double rang avec inter-rang de 150 cm, avec couvert de Cow Pea, chez Jocelyn Michonau au Québec