Bio en Hauts-de-France

Agriculture biologique en Hauts-de-France

Du maïs semé en association, pour du lait avec du maïs et sans soja

Pierre Maréchal, 31 ans, est éleveur laitier depuis 6 ans à Flaumont-Waudrechies (Avesnois). En système polyculture-élevage, sa rotation comprend du maïs ensilage. Il expérimente diverses solutions pour équilibrer sa ration sans soja.

Le soja est un aliment performant, notamment avec ses apports en PDIE imbattables, mais son utilisation pénalise la durabilité des systèmes de production (coût, distance-transport, traçabilité...). Pierre, a fait le choix de ne plus acheter de soja depuis 3 ans et expérimente des solutions alternatives. Il a d’abord testé le tannin de châtaigner, avec des résultats quasi nuls sur la quantité et la qualité du lait produit. En 2019, il toaste des féveroles : cette technique qui fournit un produit assaini et appétant pour les animaux lui donne rapidement plus d’espoir. Côté champ, Pierre essaie cette année une série de légumineuses associées au maïs : de la féverole mais aussi des vesces, des pois et trèfles.

Itinéraire technique de la parcelle d’essai

Sur un précédant maïs fertilisé avec 40T/ha de fumier.

Labour d’hiver en février, faux semis autour du 1er avril (herse rotative et crosquillette).

Virbo + crosquillette juste avant semis

Les semis ont été réalisés le 18 mai à 102 500 pieds dont un peu moins de 20 000 pieds de féverole.

Herse-étrille à l’aveugle avant la levée.

Pas de passage de herse étrille à 3-4 feuilles à cause de la grêle, le maïs était trop fragile.

Binage le 24 juin au stade 6-7 feuilles (sauf sur les essais de semis d’inter-rang !)

Ensilage le 1er octobre 2019.

1-Essais maïs-féverole avec pois/vesces (72 modalités)

6 modalités 3 légumineuses 4 dates de semis des légumineuses
Maïs Colisée ou Cirrius X Féverole de printemps (Tiphanie) ou hiver (Diva) OU Maïs semé en pur (2 variétés) Vesce de printemps Pois d’hiver arkta Vesce d’hiver • au semis le 19 mai • à 3-4 feuille, le 4 juin • à 4-5 feuilles, le 11 juin • à 5-6 feuilles, le 21 juin

2-Essais maïs-féverole avec trèfles (108 modalités)

Outre les apports protéiques à l’ensilage, les objectifs de cet essai maïs/trèfles sont multiples : couverture de l’inter-rang, meilleure portance à l’ensilage, couverture du sol l’hiver après la récolte. Au printemps, la possibilité est soit de récolter en fourrage, soit de restituer au sol, et dans tous les cas de réduire le travail du sol.

6 modalités 9 trèfles 2 dates de semis des trèfles
Maïs Colisée ou Cirrius X Féverole de printemps (Tiffany) ou hiver (Diva) OU Maïs semé en pur (2 variétés) Lotier corniculé (15 kg/ha) Trèfle d’Alexandrie (15-20 kg/ha) Trèfle Squarrosum (20-25 kg/ha) Trèfle Perse (15-20 kg/ha) Trèfle Incarnat (20-25 kg/ha) Trèfle micheli (10 kg/ha) Trèfle blanc (3kg/ha) Trèfle hybride (15 kg/ha) Trèfle Violet (20-25 kg/ha) • à 4-5 feuilles, le 11 juin • à 6-7 feuilles, le 24 juin (après binage)

Des pistes à approfondir ?

Pour le toastage des féveroles, si les premiers résultats se montrent encourageants, reste à les confirmer sur le long terme. Logiquement, la féverole de printemps donne plus de gousses et la féverole d’hiver reste plus verte : Pierre ne sait pas encore s’il doit privilégier la biomasse (féverole d’hiver) ou la graine (féverole de printemps).

Au champ, le pois semble être une impasse totale. La vesce, elle, n’a pas grimpé au maïs : il faut l’installer au semis pour qu’elle ait suffisamment de lumière pour se développer, l’expérience est à retenter. Comme la vesce, les semis de trèfle proches du semis sont les plus développés. Les trèfles blanc et Squarrosum n’ont pas levé. Le trèfle hybride, lui, a donné un bon recouvrement de l’inter-rang. L’Incarnat est venu tardivement mais est présent en septembre, tout comme le Violet, qui présente l’inconvénient de son prix élevé. En novembre, les trèfles Alexandrie et Micheli se portaient bien.

De nouveaux tests prévus en 2020

Pierre a trouvé un mélange pour 130 000 pieds, dont 20 000 de féverole, qui sera généralisé à toute la surface de maïs. Un nouvel essai sera mené pour trouver le « point de rupture » avec la meilleure proportion de féverole. L’emploi d’un semoir plus performant à double réservoir permettra de positionner la féverole plus régulièrement sur le rang de maïs et non de façon aléatoire. Pour les trèfles, Pierre va poursuivre les essais sans les généraliser, la principale contrainte étant le risque de salissement du fait de l’impossibilité de biner l’inter-rang. A suivre !

Si vous souhaitez en savoir plus et/ou partager vos expérimentations, contactez Bertrand, Conseiller élevage ruminants b.follet@bio-hdf.fr – 07 87 32 11 30

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