Bio en Hauts-de-France

Agriculture biologique en Hauts-de-France

ESTELLE ET LUDOVIC MERLANT, ÉLEVEURS LAITIERS, GAEC DE LA FENACHE A DOMPIERRE-SUR-HELPE (59)

La ferme d’Estelle et Ludovic, spécialisée en production laitière, est conduite en bio depuis 2018. Un virage à 180 degrés nourri par une réflexion bien construite et encadrée, quelques formations également, et qui apporte déjà son lot de satisfactions.

Estelle et Ludovic sont associés au sein du GAEC de la Fenache depuis 2011. La ferme, alors conduite en conventionnel avec une référence de 800 000 litres et aussi composée de 30 vaches allaitantes, est le fruit d’une association entre la ferme des parents de Ludovic et de celle qu’il a reprise en 2004. Une initiative qui leur a permis de bénéficier d’un parcellaire avantageux, puisque quasiment la totalité des prairies était accessible depuis la ferme. « A ce moment-là, le but était d’intensifier le chargement en lait et en vaches allaitantes, on cherchait à rentabiliser les surfaces en herbe au maximum, avec le passage des vaches allaitantes après celui des laitières. » Le travail se poursuit dans ce sens, dans un contexte encore globalement favorable, aidés par un apprenti qu’ils emploient à temps plein par la suite. « Nous évoquons le sujet de la bio pour la première fois en 2013, mais nous n’y donnons pas suite, alors pas tout à fait prêts au changement et encore trop focalisés sur le maïs. »

Le changement s’opère fin 2017, à partir de là les choses vont très vite ! «  Au vu de l’agrandissement continu du troupeau tous les ans, le bâtiment était devenu trop juste. Et son extension nous contraignait à un changement d’échelle accompagné d’investissements conséquents ». L’option de la conversion en agriculture bio fait vite son chemin, Estelle et Ludovic sont accompagnés dans son étude : le choix est fait début 2018. Pour valoriser l’herbe au mieux, Ludovic se forme alors avec PâtureSens et y trouve une ligne de conduite pour mettre en place le pâturage tournant dynamique pour les 160 vaches laitières. « On implante 25 hectares de mélanges fourragers et on réduit la surface en maïs à 15 hectares en rotation  ». En 2019, tout est mis en œuvre pour orienter l’alimentation essentiellement à partir du pâturage : division des parcelles, chemin de pâture, abreuvoirs…

Cependant, leur premier bilan est mitigé, notamment suite à un été trop sec  : Estelle et Ludovic s’interrogent sur la capacité d’adaptation de leur troupeau à ce changement. Un voyage au Pays de Galles va leur permettre de découvrir des systèmes similaires, en place depuis plus de 10 ans, avec des troupeaux essentiellement composés de vaches « kiwi », rustiques et mieux adaptées au pâturage. « Leur organisation du travail et leur mode de fonctionnement avec le troupeau ont été pour nous un exemple à suivre. Aujourd’hui, après avoir acheté 70 génisses pleines « kiwi », nous comptons remplacer progressivement nos Holsteins, le but étant de grouper la totalité du vêlage et ainsi caler au mieux les besoins de la vache avec la pousse de l’herbe. »

Ce défi de la conversion, Estelle et Ludovic en sont satisfaits à l’heure actuelle. Dans cette étape remplie de nouveautés, ils ont aussi eu le plaisir de trouver des réponses auprès de pairs pour certaines questions techniques. Se nourrir d’échanges de méthodes entre agriculteurs a en effet son importance pour faire les bons choix. « C’est un vrai challenge au quotidien de ne compter que sur l’environnement et de valoriser au mieux son potentiel : terroir, climat, animaux. On a le plaisir de retrouver une autonomie, on se réapproprie notre outil de production. »

Si vous avez un projet de conversion, n’hésitez pas contacter Bertrand : 07 87 32 11 30 - b.follet@bio-hdf.fr

Estelle et Ludovic Merlant