Bio en Hauts-de-France

Agriculture biologique en Hauts-de-France

Portrait : Julie Brodar, productrice de PPAM à Ponthoile (80)

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C’est aux portes de la Baie de Somme que Julie Brodar s’est installée il y a 3 ans pour y cultiver une jolie palette de plantes à parfum, aromatiques et médicinales. Elle développe progressivement sa production qu’elle enrichit avec des plantes sauvages cueillies localement. Une expérience qu’elle partage volontiers dans le cadre du groupe « PPAM » formé à l’échelle régionale et animé par Bio en Hauts-de-France.

Julie Brodar a développé sa connaissance des plantes alors qu’elle travaillait depuis plusieurs années dans l’administration du spectacle vivant « Une activité dans laquelle je ne m’épanouissais plus, ce qui m’a orientée vers un projet professionnel plus en lien avec la terre ». Elle choisit alors de suivre une formation en ethnobotanique qui s’étale sur trois années à raison d’un week-end de cours par mois. « Mon idée initiale était de travailler uniquement sur de la cueillette sauvage pour les restaurateurs, puis l’envie de cultiver des plantes s’est confirmée, notamment à la suite de stages effectués chez deux productrices installées en région : Fanny Vasseur de Cueillette Nomade et Sylvie Nève du Jardin d’Even ».

Des fleurs pour les restaurateurs

Elle teste d’abord son activité dans le cadre d’une couveuse et s’installe officiellement en mai 2017, sur des parcelles de l’exploitation familiale à Ponthoile, avec la volonté de produire bio dès le début : « La certification est prévue pour cette année, il est clair que le label va contribuer à élargir mes débouchés et apporter un coup de projecteur supplémentaire sur l’activité ». Depuis le démarrage, l’activité grandit chaque année « Je cultive les parcelles qu’utilisait ma mère pour le safran, pour le moment je dispose de 1600 m2 et cultive environ 26 espèces de plantes, principalement des vivaces. Côté cueillette, je travaille sur une vingtaine d’espèces : ail des ours, ortie, cardamine hirsute, camomille allemande... Le plus gros de mon activité concerne les fleurs fraîches comestibles, vendues directement à des restaurateurs localisés entre le Touquet et Amiens, que je livre moi-même »

Du semis à la plante récoltée, Julie travaille sans machine, à la main, avec son compagnon qui vient de rejoindre la ferme en y apportant sa pierre : « Fabien a repris une production de micro-pousses (plantules provenant principalement de légumes, herbes aromatiques et légumineuses) commercialisées également auprès des restaurateurs régionaux ». Julie, qui travaille essentiellement en frais depuis le démarrage de l’activité, vient toutefois de tester quelques premières transformations « j’essaie des distillations pour des hydrolats alimentaires plutôt destinés aux restaurateurs, j’ai aussi testé le pesto, en sous-traitance, notamment pour pouvoir proposer un produit à mes visiteurs ». Car en effet, si sa charge de travail s’intensifie dès le mois d’avril du fait des besoins des restaurateurs qui s’accentuent à cette période, c’est aussi parce que Julie organise des visites pédagogiques pour les particuliers. « Je propose en effet des visites de la ferme mais aussi des sorties autour des plantes sauvages, car je trouve très intéressant de pouvoir partager ce savoir et cela diversifie mon activité ».

Rassembler et partager ses idées

Julie fait partie d’instances associatives qui lui permettent d’échanger avec des producteurs, conseillers ou acteurs de la filière voire de se former. Elle fait aussi partie des productrices de PPAM qui se sont manifestées suite à un appel de Bio en Hauts-de-France pour constituer un groupe de travail organisé sur cette thématique : « Un petit groupe s’était créé il y a quelques années pour échanger sur des techniques, des produits, des fournisseurs… mais sans réelle coordination, il s’est un peu essoufflé. Ici, la dynamique initiée par Bio en Hauts-de-France va permettre d’écrire une feuille de route et de travailler sur des pistes concrètes pour répondre à nos problématiques. On a réellement besoin d’échanger entre nos pairs, d’être au fait des évolutions réglementaires, de mettre en commun nos pratiques… ce groupe PPAM va permettre de rassembler plein d’idées ! »

Ce projet a en effet pour objectif de développer et structurer la filière PPAM en région, tant sur la production en circuit court, que sur les PPAM de plein champ en circuit long. Quelques actions sont déjà définies : listing des fournisseurs de matériel, commandes groupées entre producteurs, organisation de tours de plaines et voyages d’étude, mise en relation opérateurs et producteurs…

Pour en savoir plus sur le projet PPAM :

  • Juliette Parent 07 87 32 52 70 j.parent@bio-hdf.fr
  • Martin Jansens 07 87 32 31 79 m.jansens@bio-hdf.fr