Suivi de la pousse de l'herbe bio en Avesnois (03.05.2021)


Après 6 semaines de mesures, nous sommes en mesure de faire un premier constat. Alors que l’hiver a été plutôt pluvieux (jusqu’à mi-mars), le printemps 2021 est alarmant. Le manque de précipitations se fait déjà sentir sur le terrain. En ce début de mois de mai, le déficit est de 50 mm d’eau et aucune pluie n’a été observée dans l’Avesnois en avril : 1 mois sans eau. A ce constat s’ajoute la présence de vents du Nord, froids, qui assèchent très vite la partie superficielle du sol.

Les températures ne jouent pas non plus en la faveur de la pousse de l’herbe. Au 03 mai 2021, nous en sommes à 590° degrés en somme des températures contre une moyenne de 680 degrés ces 10 dernières années, dans l’Avesnois. Avec les températures actuelles, cela représentent 15 jours de retard.

A la recherche de stocks…

La rotation de 21 jours habituelle du mois de mai est bien loin de ce que l’on observe ces derniers temps et de ce qu’il faut pratiquer en ce moment. Actuellement, nous nous approchons d’un temps de retour digne de la période estivale, c'est-à-dire 30 à 35 jours. Cela implique :

  • La mise en place d’une parcelle parking : sacrifier une parcelle où laisser les vaches en attendant de reprendre un pâturage dynamique ;
  • L’affouragement des animaux en sec ou en vert, qui impacte un bilan fourrager déjà tendu ;
  • Le pâturage de parcelles initialement destinées à la fauche, qui évite la mécanisation à condition que la parcelle soit accessible.

Attention à ne pas forcer le pâturage et descendre en deçà de 5 cm. Ce surpâturage pourrait avoir des conséquences et pénaliser la pousse de l’herbe à venir.

A la recherche de qualité…

Le froid de ce printemps a un impact sur la quantité d’herbe, mais aussi sur sa qualité :

  • Pour les graminées : Nous observons des inter-nœuds très court et un épi déjà en montaison, ce qui est synonyme d’un arrêt de la production de feuille et une épiaison dès les premières chaleurs. Il est nécessaire de surveiller les parcelles concernées de très près pour récolter un minimum de qualité à défaut d’obtenir un rendement satisfaisant. Aussi, les feuilles violacées des graminées sont le résultat des gelées tardives qui affecteront indéniablement la qualité et l’appétence du fourrage.
  • Pour les légumineuses : Le constat est plus hétérogène, mais globalement les conditions météorologiques ne sont pas idéales pour leur apparition. Elles devraient néanmoins faire leur retour après la première coupe et quand les températures s’adouciront.

Le manque de légumineuses et la qualité médiocre des graminées impacte de manière non négligeable la qualité globale des fourrages pâturés et récoltés. A court terme, l’impact se fait ressentir sur le tank, à long terme cela impact déjà les stocks hivernaux.

Les résultats de mesure de pousse

Voici les résultats des premières mesures. On constate une très forte hétérogénéité, non seulement entre les sites, mais aussi, au sein de chaque exploitation. Ceci peut s’expliquer par la période où chaque paddock a été pâturé. Les paddocks pâturés en période propice à la pousse (1ère semaine d’avril par exemple) et à la mise en réserve gardent une bonne dynamique. Tandis que les paddocks pâturés, ces dernières semaines par temps froids et sec peinent à pousser.

Capture d’écran 2021-05-05 182157.jpg

Capture d’écran 2021-05-05 182220.jpg

L’humidité encore présente dans les sols et un redoux des températures en fin de semaine annonce une amélioration de la pousse de l’herbe dans les jours à venir.

Il conviendra d’être réactif pour ne pas se laisser déborder.

Capture d’écran 2021-04-02 172509.jpg