Suivi de la pousse de l'herbe bio en Avesnois (11.05.2022)


Les mesures d’herbe se poursuivent dans l’Avesnois, nous faisons un point sur les pousses constatées ainsi que sur les conditions de pâturage et de récolte, impactées par des conditions sèches.

Les pousses du début de saison

Voici la moyenne des résultats des mesures faites depuis le 11 mars.

pousse herbe 11052022.jpg

Les pousses comparatives sur les 3 dernières années de mesures de l’herbe dans l’Avesnois semblent montrer une meilleure dynamique cette année. Même si les pousses constatées sur le terrain peuvent paraître assez bonnes en comparaison, la réalité du terrain est tout autre.

Réserve hydrique

etat des precipitations.jpg

Malgré un hiver 2021-2022 pluvieux, le déficit en eau dans l’Avesnois est apparu dès début mars. Le manque de précipitation et le vent du nord ont creusé ce manque d’eau en mars, avril et début mai. Au 8 mai, le déficit est de 50 mm par rapport à 2021 et 2020 qui étaient déjà des années aux printemps secs.

Méthode de pâturage

L’adaptation de vos méthodes de pâturage est primordiale dans cette situation de début de sécheresse : il vaut mieux prévenir que guérir. Sans savoir de quoi sera faite la météo des semaines à venir, il faut prendre des précautions. Plusieurs solutions « pansement » s’offrent à vous :

La hauteur de sortie des animaux

Dans des conditions séchantes, la hauteur de sortie des animaux est à adapter. En année « normale », en mai, nous préconisons une sortie des animaux à 5cm. Néanmoins, dans la situation actuelle, il convient d‘évaluer cette hauteur de sortie à la hausse et de tendre vers les 6 voire 7 cm. Les deux centimètres supplémentaires ont plusieurs bénéfices : Garder un peu plus de couvert pour garder l’humidité au pied (rosée), préserver les réserves de la plante qui est alors moins mise en difficulté pour la pousse future.

Contrôler l’avance sur pied

L’avance en herbe sur pied doit être surveillée pour pouvoir mettre en place des solutions quand la situation se détériore. En effet, dans de telles conditions, où la pousse de l’herbe est au ralenti, il convient de freiner le rythme de rotation des parcelles pour permettre une repousse correcte. Le temps de retour, normalement d’environ 20 jours au printemps, doit absolument être rallongé dans ce contexte. Il est a adapté en fonction de votre chargement, type de sol et historique de d’exploitation de vos parcelles. Sur les dernières parcelles pâturées, un temps de retour de moins de 30 jours n’est plus envisageable. La surveillance de vos parcelles de manière individuelle prend son importance. La capacité de croissance de chaque paddock peut être différente et la gestion individualisée est pertinente.

Parcelle parking ou réalimentation du troupeau

parking paturage.jpg

Malgré l’allongement du temps de retour, si vous constater que l’herbe peine quand même, d’autres solutions s’offrent à vous :

  • Le recours à la parcelle parking pour préserver l’ensemble du parcellaire de pâturage. Pour rappel, la parcelle parking est une parcelle où l’on stationne les animaux que l’on alimente, en attendant de pouvoir reprendre un rythme de pâturage « normal ».
  • L’alimentation des animaux la nuit en bâtiment (diviser le temps de pâturage par 2) ou le matin pour diminuer la consommation d’herbe en prairie dans la journée. Pour mettre en place cette pratique, il est nécessaire de faire un point sur les stocks d’avance et d’anticiper les besoins.

Report sur pied pour les animaux à plus faibles besoins

report pied.jpg

Le report sur pied consiste à laisser prendre du volumes aux prairies (au détriment de la qualité ? Pas toujours !) pour alimenter, plus tard, tout en pâturant quand même. Il s’agit de stocks non récoltés. Si vous choisissez cette option, c’est le moment d’y penser afin de sélectionner les parcelles concernées. Cette méthode à des avantages, autres que la « non-mécanisation » :

  • La prairie se ressème naturellement ce qui peut être bénéfique pour les futurs cycles de pousse.
  • La plante met en réserve et sera plus apte à produire les cycles suivants.
  • Le volume d’herbe dans la prairie est un réel préservateur d’humidité dans le sol, comparativement à une parcelle fauchée/pâturée en pleine sécheresse.

Côté fauche précoce

Nous avons atteint les 700°Cj le 28 avril dans l’Avesnois, ce qui signifie, qu’à cette date les premières coupes devaient être effectuées. C’est à ce moment que les espèces précoces de vos prairies commencent à monter en épiaison et que la qualité fourragère diminue. Sur vos parcelles de fauche, laisser passer du temps en espérant récolter plus de volume n’est pas forcément une solution. Une fois épiée, la graminée ne produit plus de feuilles et ses qualités alimentaires se dégradent.

qualité prairie.jpg

Capture d’écran 2021-04-02 172509.jpg