Bio en Hauts-de-France

Agriculture biologique en Hauts-de-France

La Communauté Urbaine de Dunkerque

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L’image du territoire Dunkerquois est bien souvent représentée par son complexe industrialo-portuaire. On oublie que 46% de son territoire est en réalité agricole. Réalité qui se caractérise aujourd’hui par une faible part d’agriculture biologique, 1,8% des fermes du territoire, mais un regain pour le développement des circuits-courts, soit 17% d’entre-elles.

Une Politique agricole et alimentaire…

Pour accompagner cette tendance en circuits courts et renforcer le développement de l’AB, source d’enjeux socio-économiques (création d’emploi non délocalisable) et sanitaires (alimentation saine), la Communauté Urbaine de Dunkerque (CUD) a initié en 2018 une politique agricole et alimentaire communautaire autour de 4 orientations principales :

  • Accompagner le développement des pratiques agricoles durables,
  • Développer les circuits courts de proximité et biologiques pour créer de l’emploi local,
  • Remettre ce que l’on mange là où l’on vit,
  • Encourager les pratiques alimentaires favorables à la santé.

Des leviers d’action pour développer l’agriculture biologique…

Pour avancer vers ces objectifs de manière concrète, la CUD, souhaite agir sur deux leviers, à savoir les 270ha de foncier agricole dont la CUD est propriétaire et les débouchés possibles en restauration collective.
Sur ce dernier point, une étude menée par le bureau d’études Auxilia est en cours avec pour objectif de dresser un état des lieux de la restauration collective sur le Dunkerquois (cantines scolaires, restaurants d’entreprise, cantines d’établissements publics…), et ainsi élaborer dans un second temps des scénarii pour un passage à un approvisionnement 100% bio et local.

Concernant la production en agriculture biologique, la collectivité, accompagnée par Bio en Hauts-de-France et la Chambre d’agriculture, souhaite pouvoir convertir les parcelles agricoles dont elle est propriétaire vers l’AB. Pour cela, elle prévoit la mise en place d’une réunion de concertation avec les 26 agriculteurs de la zone, renforcée par une « étude de sensibilité à l’AB* » afin d’identifier de manière individuelle les freins et les leviers d’un passage en bio. Ces actions permettront ainsi de poser les bases solides d’un dialogue territorial avec le monde agricole.

Parallèlement, des projets d’installation en AB via des appels à candidatures sont lancés. À Téteghem, par exemple où une installation en maraichage est prévue sur du foncier communautaire de 2,4 ha. D’autre communes se sont également lancées dans ces projets d’installation et notamment la commune de Grande-Synthe avec un « projet pilote » à l’échelle de la CUD, une ferme urbaine « multi-service ».

L’exemple de Grande-Synthe et la ferme urbaine «multi-services»…

Dans le cadre de sa démarche de « ville en transition » vers un développement durable, et afin de contribuer à la politique agricole et alimentaire de la CUD, la Commune de Grande-Synthe a souhaité faciliter l’accès à des surfaces agricoles en vue de produire en agriculture biologique.

Afin de mettre en œuvre un système alimentaire à la fois plus ancré dans le territoire, plus résilient, plus solidaire et durable, le projet de fermes urbaines « multi-services » regroupe trois fonctions principales :

  • Une production maraîchère biologique sur des surfaces limitées (de 2 à 3 hectares / UTH) en circuit court de proximité, et dans la perspective d’approvisionner en partie la restauration collective locale.
  • Un volet formation/qualification aux techniques agricoles alternatives en coopération avec le lycée professionnel agricole de Dunkerque (en vue de former sur le terrain et accompagner à la création d’activité agricole).
  • Une fonction pédagogique tout public autour de l’agriculture urbaine et de l’alimentation durable.

Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un partenariat large avec les acteurs du monde agricole et de la filière biologique : la SAFER, la Chambre d’agriculture, Bio en Hauts-de-France, le lycée professionnel agricole de Dunkerque, la Communauté Urbaine de Dunkerque, la Confédération Paysanne et l’association A Petits PAS.

Il implique également 2 structures d’insertion sociale et professionnelle : les ALD (Ateliers du Littoral Dunkerquois) qui gèrent les 2/3 de la production des repas scolaires de Grande-Synthe, ainsi que l’AFEJI qui vient de lancer une légumerie pour alimenter les autres cantines de l’agglomération en bio.

Les premières installations…

Début 2018, la commune avait lancé, avec l’appui de ses partenaires, un premier appel à candidatures portant sur une zone cultivable de 8,5 hectares. Ce terrain adapté à la culture maraîchère et certifié en AB a été proposé à plusieurs porteurs de projet en vue de construire un projet collectif. Après deux visites de terrain et six dossiers de candidature déposés, trois porteurs de projet en maraîchage biologique ont pu être retenus en juin.

Début 2019, un deuxième appel à candidatures a été lancé sur un ensemble de parcelles d’environ 5ha d’un seul tenant à proximité de la première ferme. L’objectif est ici d’aider à l’installation de deux porteurs de projet qui pourraient rejoindre le projet de fermes urbaines pour l’automne 2019. Par ailleurs, ces terrains ne sont pas les seuls à faire partie du projet et d’autres sont également à l’étude pour de futures installations en agriculture biologique.

Ainsi, à l’échelle de la CUD, Bio en Hauts de France proposera un accompagnement dans l’appui technique des projets d’installations ainsi qu’un accompagnement renforcé et « sur mesure » autour du fonctionnement du futur collectif de maraîchers.

N'hésitez pas à contacter

Martin JANSENS, Bio en Hauts-de-France
Pierre ROGER, CUD