La viande, nouvelle opportunité pour l’élevage bovin laitier ?

Depuis le début de l’année 2025, la filière viande bovine connaît une tension inédite : l’offre se raréfie alors que la demande redécolle notamment en restauration collective, et les prix s’envolent. Pour les éleveurs laitiers bio, cette conjoncture représente une chance à saisir : celle de valoriser pleinement leurs animaux, en construisant des filières locales, durables et rémunératrices.

Une demande régionale en forte croissance

Les signaux sont clairs : après de longues années atones, la restauration collective s’engage enfin de plus en plus pour la viande bio. Des acteurs régionaux comme les viandes du Château neuf ou Croc-la-Vie recherchent activement des viandes bovines bio tandis que le Bassin parisien tire fortement la demande vers le haut avec de nombreux appels d’offres en viande bio remportés par des acteurs régionaux. Nous recensons un besoin en bovins laitiers bio qui dépasse 2 000 têtes par an – soit presque l’intégralité des vaches de réforme bio de la région. La valorisation de tous les animaux en bio n’est plus une option, mais une nécessité.

Un défi : structurer l’offre

Aujourd’hui, la viande reste un co-produit de la filière laitière. Par habitude ou par manque de débouchés, la majorité des animaux sont vendus en conventionnel, souvent à 15 jours pour les veaux, ou en fin de lactation pour les vaches. Pourtant, les acteurs de l’aval sont prêts : transformateurs et distributeurs attendent une production bio locale et organisée. L’enjeu ? Sortir des logiques de marché volatiles pour bâtir une filière équitable, où chaque maillon est rémunéré équitablement, avec des prix contractualisés à long terme.

Des solutions concrètes à mettre en œuvre

À court terme, les éleveurs peuvent s’appuyer sur l’association Viandes Bio des Hauts-de-France pour négocier des prix équitables. À plus long terme, il faut développer des ateliers d’engraissement bio, recréer des liens entre naisseurs et engraisseurs, et innover dans les pratiques. Une formation sur l’élevage des veaux sous nourrice, proposée le 20 janvier en partenariat avec le FIBL, offrira des clés pour une croissance optimale au pâturage.

Agir ensemble pour une filière vertueuse

La conjoncture est favorable, mais elle ne durera pas éternellement. Plutôt que de subir les aléas du marché, construisons dès maintenant une filière bio, locale et stable. Les outils et les partenaires existent : à vous de jouer !

Contactez-nous pour participer à la structuration de cette filière.

Bertrand FOLLET

Conseiller-animateur en polyculture-élevage

07 87 32 11 30
b.follet@bio-hdf.fr